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Le scandale du “greenwashing”

7 avril 2008 Aucun commentaire

“Greenwashing” et environnement

Vous le savez déjà : l’environnement est à la mode. Les journalistes en parlent 17 fois plus qu’en 2004 (c’est du moins ce que j’ai lu dans un certain journal local de la ville de Québec en janvier). Non seulement les pro-vert sont rendus politiquement acceptés, ils sont adorés. Pour les publicitaires, il semble que c’est une parfaite opportunité pour eux d’en profiter pour prendre un virage vert, ou du moins pour nous le laisser croire. Comme ça ils pourront jouer les “bons” et les “responsables” et se mettre de “notre” bord. Quand je dis “notre” je ne parle pas des hippies, des artistes engagés ou des activistes. Je parle plutôt de la grosse pointe de la tarte (monsieur et madame Toulmonde), car ceux-ci ont fini par comprendre qu’il fallait qu’ils fassent quelque chose s’ils voulaient être capable de continuer à vivre dans 10, 20 ou 30 ans. Quoi faire c’est une autre chose. Comprendre, c’est au moins ça.

Lundi le 17 mars, jour de la St-Patrick, François Cardinal de La Presse était en plein dans le thème de la fête nationale avec son article “Du vert partout, partout, partout…”, dans lequel il nous parle plutôt d’environnement en nous informant sur l’état du scandale du “greenwashing” (la désinformation verte). Faire du “greewashing” c’est investir à la création d’une image écologique, déformée et abusive, d’un produit dans le but d’en faire la promotion. Les publicitaires le savent : dans ces temps-ci, s’afficher vert, ça fait vendre! Fort heureusement ça ne rassure pas tout le monde et les dénonciations de ces fausses représentations ont commencés. On pouvait lire dans l’article de François Cardinal :

“Les Américains appellent cela du greenwashing, les Français, de l’écoblanchiment, du verdissement d’image. Sur les ondes de Radio-Canada, l’animateur Patrick Masbourian a comparé cela à une maladie, proposant les termes «verticulite» et «greenorée».”

 

L’enthousiasme collectif pour la dénonciation de la désinformation verte est récent et percutant : la population bondie face à l’abus et au mensonge lorsque ça touche à l’environnement. Il semble qu’une bonne partie des citoyens soient choqués après les méchantes entreprises qui pilent sur l’environnement pour s’enrichir. Ils le peuvent, ils en ont tellement vus et entendus des scandales ces derniers temps! Pouvons-nous dire merci à Al Gore et à son documentaire An Inconvenient Truth pour avoir enfin résolu le monde entier de gueuler haut et fort : “C’est assez!”?

 

“Greenwashing” et santé

Parfois je me demande pourquoi l’opinion publique sur la santé n’est pas aussi convergente que l’opinion publique sur l’environnement. On parle encore beaucoup de la santé, mais elle souffre d’une méchante mauvaise réputation actuellement. Est-ce la faute des multiples contradictions entre les résultats de recherches ou encore le très fatigué sujet de la perte de poids qui revient toujours qui ont découragés les gens à rechercher de plus saines habitudes? Non, vraiment! On dirait que le simple fait de parler de la santé harcèle les gens. Est-ce les hippies, les granos, les végétariens qui les ont écoeurés? À qui la faute? L’industrialisation de la nourriture? La pollution? La mauvaise qualité? La surconsommation? Le quête de l’instantanné? La perte de valeur? La haine contre le système de la santé? Le micro-ondes???

 

Je vous lance quelque exemples de désinformation sur la santé : des bonbons sans gras; de l’huile d’olive sans cholestérol; les yogourts Silhouette; le pain Vitalité de Gadoua; les jus Oasis Pause Santé; Des biscuits Ritz fait de vrais fromage; les mentions “contient du vrai jus de fruits”, “100% pur”, “source de calcium”, “fait de blé entier”, “léger”, “zéro gras trans”, alors que dans les ingrédients on trouve de l’huile hydrogénée! Et la plus populaire : la mention “santé”. Elle est à peu près sur n’importe quel emballage, un peu digne ou même pas du tout, de porter cette médaille . Est-ce pour nous distraire de la piètre qualité du produit même? Cela évite que le consommateur se pose consciemment la question puisqu’il y trouve la réponse sur l’emballage.

 

Est-ce que le bio s’en tire?

Pour certains le bio est synonyme de santé. Il n’y a rien de plus faux. Il existe un paquet de produits qui ne sont, par leur nature, pas les meilleur pour la santé et qui ont une version bio. Si il y a des aliments que vous ne devriez pas manger, bio ou non, ils restent à éviter, car vous ne souffrirez pas moins du sucre bio si vous souffrez du sucre tout court.

Si vous pensez que les emballages des produits biologiques ne peuvent compter parmi ceux que l’on puisse accuser de “greenwashing”, vous vous trompez! Connaissez-vous l’image typique d’un produit biologique? Un emballage avec des couleurs sobres et authentiques qui nous rappele une époque disparue : un dessin naïf d’une petite ferme en campagne avec une petite famille d’artisans qui travaillent paisiblement sur la terre (le travail faisant référence au produit vendu). Ça donne l’impression que la boîte que l’on tient entre nos mains provient de la belle époque, qu’elle renferme une qualité inégalable, et qu’elle aurait été faîte juste pour nous. Je consomme personnellement ce genre de produit et je vais vous avouer que je me laisse séduire parfois. Non mais quand ta petite boîte de céréale te coûte 6$, ça te prends quelque chose pour te convaincre que ça vaut la peine.

On aura beau dire ce qu’on veut, la présentation du produit est l’image que nous avons de lui. Comme quand je m’achète les chips de la marque Kettles, l’image du cuisinier devant sa grosse marmite en fonte, comble toute l’ignorance que j’ai du vrai fonctionnement dans cette compagnie. La fidelité de la représentation sur ces emballages devrait être protégée par des lois. Pareil comme c’est le cas avec la loi sur l’étiquettage des bouteilles de vin en France. Elle réclame que la représentation du château, du domaine ou du vignoble d’un producteur sur l’étiquette d’une bouteille doit correspondre dans les plus fins détails, à la réalité. Y-a-t-il plus rigoureux que les législation des standards de qualité des vins A.O.C? La réputation de la France pour ses vins est indiscutable et les étiquettes restent sobres. Et pourtant, malgré les éloges au vin rouge, avez-vous déjà vu sur une de ces étiquettes une mention “Bon pour la santé du coeur”?!

 

Conclusion

La désinformation sur la santé ne date pas d’hier. Elle s’est faufiler en douceur dans notre quotidien et il semble normal aujourd’hui de voir écrit “100% pur” sur des produits médiocres en terme de qualité sans que ça dérange personne. Pas étonnant qu’on utilise l’expression “c’est santé” à toutes les sauces, on dirait que c’est la quête la plus passive de l’homme que je connaisse.

Après l’éloge aux fibres et au calcium, les oméga-3 sont devenus le nouveau buzz que tous commerçants cherchent à introduire quelque part dans leurs recettes. Ce n’est pas une mauvaise idée en soi, le seul problème est qu’il faut allez voir plus loin si on veut vraiment en bénéficier. Il ne faut pas surestimer l’ensemble d’un produit qui utilise ce genre de stratégies, par exemple en comptant sur du lait de soya pour avoir notre apport en omega-3. Même si ces produits sont probablement sous un certain angle quelque peu mieux pour votre santé, ce n’est rien qui puisse se rapprocher à ce que vous pourriez faire en intégrant ces nouvelles connaissances dans vos habitudes. Prennez l’exemple des omega-3, informez-vous, parlez-en à ceux qui s’intéressent à l’alimentation, aux naturopathes du marché d’alimentation naturel de votre coin, vous allez découvrir des alternatives moins chères, supérieures en qualité et en résultats. Il n’y a rien qui puisse autant augmenter votre santé que votre propre intérêt et votre propre volonté. En attendant les publicitaires en profitent pour vous suggérer une solution qui est loin d’être la meilleure en cachant les moins beau côté de leur produit derrière cette illusoire image de “santé”.

Après tout, plus nous sommes renseignés, plus nous nous protégeons contre le “greenwashing” en achetant des produits qui nous intéressent vraiment pour leur vrai nature. Et devant une population plus instruite, plus alerte les publicitaires devront afficher leur produit d’une façon plus approprié et peut-être devront-ils plutôt se concentrer sur la qualité même de leur produit.

Si vous avez un produit à dénoncer, ajoutez-le avec votre commentaire, j’ai l’intention de faire une liste que je vous partagerai bientôt.